Sommaire

Introduction

1. les différents secteurs et leurs contenus

2. la productivité

3. la productivité et les secteurs économiques

 

Introduction

La population active d'un pays est habituellement divisée en trois secteurs : primaire, secondaire et tertiaire. Cette division est issue des travaux de statisticiens américains dans les années 30-40 dont le plus connu est Colin Clark (1941).

Il ne faut confondre les notions de secteur économique et celle de branche d'activité économique. Une entreprise est classée dans tel ou tel secteur par rapport à son activité principale, c'est-à-dire celle qui représente la plus grande part de son chiffre d'affaires.

Une entreprise de parfumerie est, par exemple classée dans le secteur de la chimie (secteur secondaire). Toutefois ses productions seront ventilées, c'est-à-dire réparties en deux branches : verrerie pour la fabrication des flacons et chimie pour les parfums. A première vue cette distinction n'est pas fondamentale puisque dans cet exemple les deux branches sont de type industriel. Mais dans le cas de grands groupes tel que Bouyges où l'on trouve le BTP et la communication, elle est indispensable.

Les différents secteurs et leurs contenus :

le secteur primaire :

Celui-ci regroupe les activités économiques productrices de matières premières, notamment l'agriculture et les mines (INSEE).

le secteur secondaire :

C'est l'ensemble des activités économiques correspondant à la transformation des matières premières en biens productifs ou en biens de consommation (INSEE)

le secteur tertiaire :

Activités produisant des services tels que le commerce, le transport, les banques, les assurances, l'hôtellerie, le secteur de la santé, etc. (INSEE)

A l'origine, cette classification est purement énumérative, elle est faite pour regroupée des données et fournir une image de l'économie. Par exemple la France du XVII est dominée par le secteur primaire.

Pourtant on utilise une autre distinction entre les trois secteurs autre que leur rôle dans le processus économique. Le critère de référence est celui de la productivité.

Qu'est-ce que la productivité ?

La productivité est l'exemple type de ces notions auxquelles on fait appel pour justifier telle ou telle mesure sans jamais la définir exactement. On s'oppose à la réduction du temps de travail parce qu'elle va affaiblir la productivité de l'économie française ou on dénonce la tyrannie de la productivité qui opprime les travailleurs mais on ne précise jamais le rôle tenu par la productivité dans la croissance. On entretient un malentendu sur cette notion clé de l'analyse économique.

On peut regretter les excès de la société de consommation mais il est un fait acquis qu'une société qui se développe consomme de plus en plus. Et si la hausse de la productivité est indispensable, ce n'est pas pour que les patrons s'engraissent et les salariés deviennent des chômeurs mais parce que nos fournisseurs, qui sont de plus en plus des pays étrangers, ont le mauvais goût de se faire payer.

La productivité mesure donc l'efficacité des facteurs de production : le travail et le capital. Un exemple : si on fabrique 100 voitures en employant 10 ouvriers, la productivité d'un ouvrier est de 10 voitures. La productivité se calcule donc en divisant la production par les moyens mis en œuvre pour la réaliser. Mais elle est exprimée non pas en unités produites mais en francs. En effet 10 voitures par ouvrier ne signifie pas la même chose si la voiture en question est une Rolles ou une Renault. On procède de la même façon pour le capital.

A quoi correspondent les gains de productivité ? En reprenant la définition donnée ci-dessus c'est une augmentation de la production en utilisant une même quantité de facteur de production. Prenons un exemple : un transporteur doit faire face à une commande 25 t au lieu de 20. Il peut changer la remorque du camion sans changer de chauffeur, celui-ci voit donc sa productivité augmentée. Les gains de productivité du travail proviennent d'une hausse de ses qualifications (un permis adapté aux transports exceptionnels).

A long terme la croissance économique est possible grâce à une augmentation de la productivité du travail, du capital et de l'interaction des deux (organisation du travail plus productive …). L'ensemble de ces gains de productivité est aussi appelé progrès technique.

Productivité et secteurs économiques

Comment expliquer l'effet des gains de productivités sur la structure de l'emploi dans un pays ? Comment se fait-il que la France soit dominée par l'agriculture au XVIIème siècle et qu'on parle de civilisation tertiaire au XXème siècle ? On peut répondre que la France s'est développée ... oui, mais encore...

Répartitions de la population active en France (en %)


On peut donc faire une distinction entre les trois secteurs par rapport à leur niveau de productivité. De façon générale, le secteur primaire est un secteur à productivité moyenne, le second à forte productivité et le tertiaire à faible productivité.

L'économie française jusqu'au XVIII ème siècle est dominée par l'agriculture. 80 % de la population active est employée dans les champs, ce qui n'empêchait les disettes et les famines. La jachère, une imposition fixe quelles que soient les récoltes empêchaient tout investissement et donc d'augmentation des rendements agricoles.

Puis le climat social change, l'investissement apparaît et la productivité augmente. Celle-ci fait baisser les prix et donc la demande des produits agricoles s'élève. Il fallait 2 heures pour fabriquer un kilo de blé en 1800 (livraison et fabrication des outils comprises), en 1950 la durée est de 10 minutes…

Mais un produit qui est disponible en grandes quantités et dont le prix baisse voit sa part dans les dépenses d'un ménage augmentait moins vite que d'autres plus rares et plus chers. Il y a là un effet de saturation. Engels l'a montré et a donné son nom à ce phénomène. Quand le revenu d'un ménage double, l'augmentation de la demande de produits primaire n'est que de 20 %.

Donc on produit de plus en plus mais avec de moins en moins de facteur travail. Le surplus de main-d'œuvre va se diriger vers des secteurs où les gains de productivité ne sont pas encore trop importants: Le secteur secondaire.

Puis ce dernier connut aussi des gains de productivité (et en connaît toujours…) et donc ce fut le secteur tertiaire où la productivité est faible qui accueillit les actifs et ce ci depuis le début des années 50. Mais à l'intérieur même de ce secteur les disparités sont grandes et s'accentuent depuis les années 50.

Mais la notion de tertiaire est trop floue, on y range ce qui n'est ni dans le primaire ni dans le secondaire. De plus les statistiques ne sont pas totalement satisfaisantes : un ingénieur informaticien travaillant pour un entreprise de fabrication d'avions serait comptabilisé comme salarié du secteur secondaire.

On peut donc déjà différencier le tertiaire des services : les services sont immatériels et font appels à des sytèmes de relations entre consommateurs et producteurs qui sont immatériels bien que le support ne le soit pas, par exemple le service après-vente.

On peut envisager une autre classification en terme de "fonctions productives" (Beckouche et Damette) * définies à partit du retraitement des P.C.S. et N.A.P. En resort des fonctions individuels (commercial marketing, santé social,...) et collectives (place dans le cycle de production : biens matériels ou circulation intermédiaire).

* in la conjonction de contrats et conventions comme facteur de réduction d'incertitudes, Olivier Thomas (thèse).

- état des lieux -

©Matthieu Guyonnet-Duluc